Les débuts : un vin tranquille… sous influence monastique
Jusqu’au début du XVII siècle, le “vin de Champagne” est principalement un vin tranquille, réputé pour sa fraîcheur et sa vivacité. Les moines, soucieux d’excellence, innovent par :
- Le choix des cépages : observation et sélection du pinot noir, du chardonnay et du meunier, aujourd’hui universellement associés au champagne (source : Larousse du Vin).
- Maîtrise du calendrier : la récolte tardive, une invention monastique pour protéger le raisin des maladies, favorise l’acidité et donc la mise en valeur du terroir champenois.
- Pressurage délicat : fin XVI siècle, Saint-Remi à Reims se dote de pressoirs sophistiqués, capables de produire un jus clair, inventant ainsi les prémices du “blanc de noirs”.
La naissance de l’effervescence : accidents, alchimistes et scientifiques en soutane
Le mystère de la bulle n’est pas le fruit d’un hasard complet, mais d’expérimentations menées par des esprits curieux. Au cœur de l’hiver, la fermentation du vin, brutalement interrompue par le froid, reprenait au printemps en bouteille, laissant échapper une effervescence spontanée. Craquements de bouchons, envolées de verres : les moines observent, analysent, patientent, ajustent les méthodes dans le plus grand secret !
- Dom Pérignon à l’abbaye d’Hautvillers : figure de proue (1638-1715), ce moine bénédictin est crédité d’améliorations majeures de l’assemblage, du bouchage et de la clarification du vin – bien que l’image du “père du champagne” soit partiellement romancée (source : Encyclopædia Britannica).
- Dom Thierry Ruinart à Saint-Pierre-aux-Monts : contemporain de Dom Pérignon, il décrit, dans ses correspondances, la première apparition des vins “mousseux” à Reims dès 1666 (source : Archives de la ville de Reims).
- Dom Groussard, Dom Oudard et tant d’autres : ces vignerons en robe noire perfectionnent le tirage, l’usage du bouchon de liège venu du Portugal et mettent en pratique les premiers dégorgements à la volée.